Le changement climatique
Changer le changement climatique avant que ce dernier ne nous change
Par Howard Gutman
Ambassadeur des Etats-Unis en Belgique
Ce mardi à New York, le Président Obama s’adressera aux dirigeants du monde pour parler du changement climatique à l’occasion d’un sommet spécial à la veille de la 64ième session de l’Assemblée générale des Nations Unies. Les pays travaillent dur à négocier un nouvel accord international pour lutter contre le changement climatique. Et les belges comme les américains sont partenaires des citoyens du monde entier pour s’assurer que nous laissions une planète plus sûre et plus prospère à nos enfants.
Le changement climatique est un des défis majeurs que notre monde doit affronter.
Son impact est déjà perceptible et les conséquences sévères. La mer de glace de l’Arctique fond plus vite que prévu, la couche de glace du Groenland se réduit, l’élévation du niveau des mers va plus vite que n’était anticipé, et les nappes phréatiques sont de plus en plus menacées à la fois par la fonte des glaciers et des perturbations climatiques telles que sécheresses et inondations. Tous ces dérèglements ne menacent pas seulement notre environnement mais aussi notre sécurité et notre stabilité.
La science nous envoie un message simple et sans ambiguïté : tous les pays doivent travailler ensemble pour lutter contre le changement climatique avant que ce dernier ne nous change, et c’est maintenant qu’il faut agir. Cette fois, nous ne pouvons plus nous permettre d’échouer.
Le Président Obama reconnaît que les Etats-Unis, en tant que pays qui est historiquement le plus gros émetteur de gaz à effet de serre, doit être un leader dans l’effort global contre le changement climatique. Nous savons que, sans réduction des émissions aux Etats-Unis, il n’y aura pas de solution, et c’est pourquoi les Etats-Unis sont décidés à être partenaire pour aboutir à une économie du 21ième siècle basée sur des énergies propres.
Pour les Etats-Unis, cet appel signifie un changement de cap. Le Président a enjoint au Congrès américain de voter une législation ‘énergie propre’ en vue de réduire les émissions de 14 % par rapport aux niveaux de 2005 pour 2020 et de 83 % pour 2050. Une loi a été approuvée à la Chambre et continue son parcours au Congrès. Le paquet du stimulus du Président comprend plus de 80 milliards de dollars pour les énergies propres. Et les nouveaux standards récemment imposés aux véhicules vont réduire les consommations comme les émissions.
Ensemble, les Etats-Unis et l’Union Européenne sont en train de faire un gigantesque bond en avant. D’un point de vue environnemental, les plans climat des Etats-Unis et de l’Union Européenne sont comparables et conduiront à des réductions d’émissions qui sont scientifiquement cohérentes. Le défi qui nous unit est bien plus grand que les infimes différences qui nous divisent. Mais ensemble, nous devons aussi empêcher une croissance anarchique des émissions dans les économies émergentes. Pour préserver notre planète, les plus gros pays émetteurs doivent s’unir pour faire quelque chose. C’est la seule façon de limiter le changement climatique – l’Agence Internationale de l’Energie prédit que 97 % de l’augmentation d’émissions viendra des pays en voie de développement.
Les Etats-Unis poursuivent une stratégie globale pour lutter contre le changement climatique à travers les négociations de la Convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique, le Forum des économies majeures sur l'énergie et le climat, ainsi qu’au travers de relations bilatérales.
Pour aboutir à un accord international fort et répondre au défi du changement climatique, tous les pays doivent être pleinement engagés. Les pays développés doivent réduire leurs émissions de façon substantielle et en chiffres absolus pour 2020 par rapport à 2005 ou 1990. Les principaux pays en voie de développement doivent prendre des mesures qui réduiront leurs émissions de façon substantielle et en chiffres relatifs par rapport à leur comportement antérieur. Les autres pays en voie de développement devraient s’atteler à préparer des plans de croissance basés sur de faibles émissions – avec de l’aide financière et technique si nécessaire – pour baliser leur développement à plus long terme. Il est important qu’un nouvel accord n’impose pas aux pays en voie de développement de prendre des mesures qui étoufferaient leur capacité de croissance et de développement.
En fin de compte, un accord sur le changement climatique ne doit pas seulement limiter les émissions mais il doit aussi ouvrir la voie au développement durable. Développer des énergies propres est la seule option possible. A cette fin, les pays aux capacités les plus avancées doivent être prêts à développer les technologies et à les disséminer dans les pays qui en ont besoin. Si nous travaillons ensemble, les efforts en vue de construire une économie globale basée sur des énergies propres peuvent représenter des opportunités significatives, stimuler les investissements et la croissance économique, et créer des emplois à travers le monde.
En Belgique, nous savons le sérieux avec lequel le fédéral et les régions abordent ces dossiers de changement climatique, d’énergie, et d’environnement. Nous voyons comment le monde des affaires prend à bras le corps les défis et opportunités des technologies ‘vertes’ dans la conduite de leurs affaires. Nous voyons aussi le leadership de la Belgique pour stimuler la prise de conscience sur ces sujets, comme le montre la station polaire ‘zéro émission’ Princesse Elisabeth au Pôle Sud. Et il existe des opportunités pour promouvoir une plus grande coopération encore entre les Etats-Unis et la Belgique, que ce soit dans le monde des affaires, éducatif, ou gouvernemental. Il faut saisir notre chance maintenant. Il n’y a pas de temps à perdre.
Les Etats-Unis sont sincères dans leur intention d’aboutir à un accord international fort, et je suis confiant que, ensemble, nous pouvons faire face au défi du changement climatique.